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éviter et mieux gérer les effets secondaires - février 2005

Les lipodystrophies


lipides = graisses, dystrophies = troubles

Encore les lipodystrophies:

Les lipodystrophies

La lipodystrophie est l'effet secondaire le plus difficile à aborder. Il n'y a en fait toujours pas de consensus entre les médecins sur les causes sous-jacentes d'aucun des symptômes de lipodystrophies.

C'est un élément très important à comprendre, car vous pouvez être amené à demander un changement de traitement à votre médecin, même si les études cliniques n'ont pas montré qu'une thérapie marche mieux qu'une autre - ni laquelle est la meilleure.

Maintenant que les lipodystrophies sont prises plus au sérieux, vous devez néanmoins jouer un rôle actif si vous voulez obtenir les meilleurs examens et les meilleurs traitements.

Cette brochure a été révisée en janvier 2005 et de nouvelles informations seront diffusées lors de chaque conférence sur le VIH. Surveillez les nouvelles recherches.

Quels sont les symptômes?

Il existe trois grands types de symptômes liés aux lipodystrophies:

Toute discussion autour des lipodystrophies doit donc préciser de quels symptômes il s'agit.

Bien que l'accumulation de graisses ait été associée aux inhibiteurs de protéases et les pertes de graisses aux nucléosides, on n'a pu prouver en quoi ils sont responsables de ces symptômes. Les personnes utilisant les non-nucléosidiques ont rapporté et des pertes et des prises de graisse. Au moins une étude a démontré que les lipodystrophies se présentent plus souvent lors des associations combinant trois familles de médicaments (antiprotéases, nucléosidiques et non-nucléosidiques) que les associations regroupant deux familles.

Cependant les différents médicaments de chaque famille ne présentent pas le même facteur de risque.

Les lipodystrophies seront plus souvent le résultat de plusieurs facteurs et pas d’une cause unique. On compte parmis les facteurs l’infection à VIH, les médicaments, la longueur du traitement et les antécédants familiaux.

On estime que les lipodystrophies sont le résultat de différents facteurs comprenant l'infection à VIH elle-même, certains médicaments, le moment de départ du traitement et les antécédents familiaux, plutôt qu'une cause unique.

Les lipodystrophies ont été notées aussi bien chez les hommes que chez les femmes et chez les enfants, de toutes origines ethniques.

Combien de personnes sont concernées?

Différentes études cliniques ont montré que les symptômes des lipodystrophies sont très courants chez les patients sous traitement – jusqu'à 80% des personnes, selon les définitions et selon la précision des contrôles. Il est ainsi généralement admis que si l'on veut traiter le VIH, les traitements actuels auront un effet sur l'absorption des graisses et des sucres.

A court terme (un ou deux ans), la plupart des patients ne rencontrent pas de problèmes graves, et les bénéfices liés au traitement dépassent largement les risques. Cependant, pour une minorité non négligeable de personnes, les difficultés sont plus importantes et peuvent survenir plus rapidement, surtout après plusieurs années de traitement.

La prévention des lipodystrophies est plus importante et réussit bien mieux que tout traitement curatif. Du fait qu'il est impossible de prédire qui sera concerné avant de.

commencer le traitement, il faut surveiller tout changement des formes corporelles pour changer de médicament le plus tôt possible.

Surveiller les changements

La plupart des personnes sont plus sensibles aux changements dans leur corps que leur médecin. Il existe plusieurs façon de mesurer et de surveiller ces changements.

Certains hôpitaux sont équipés de scanners (voir encadré), dont l'IRM (imagerie par résonance magnétique) et l'ostéodensitométrie (DEXA), qui permettent d'examiner la répartition des graisses et des muscles sur le corps. L'impédancemétrie, un autre examen, donne également des résultats fiables.

Si vous pensez présenter des lipodystrophies, faites-le savoir et valoir. Il s’agira de surveiller et de vous expliquer les traitements possibles.

Si votre clinique n'offre pas ces services ou ne peut pas vous orienter vers un autre centre, on peut utiliser les méthodes de mesures des services diététiques et la photographie. Si les lipodystrophies vous inquiètent, veillez à ce que votre médecin les prenne au sérieux, vous propose des examens de contrôle et vous explique les choix de traitements.

Tout comme pour les résultats de la charge virale et des CD4, un résultat pris isolément ne suffit pas, et il est souvent nécessaire de pratiquer plusieurs examens au cours du temps pour évaluer les modifications. La prise des mesures et l'ostéodensitométrie (DEXA) peuvent amener des variations importantes dans les résultats mais ils sont suffisamment sensibles pour déceler les changements sur une période de 6 à 12 mois. Les IRM sont très précises et peuvent montrer la répartition exacte des graisses, mais ces examens sont plus chers et difficiles à obtenir.

Effectuer une ostéodensitométrie ou prendre une bonne une photo, même si vous ne percevez que de faibles changements, vous permettra d'évaluer à quelle vitesse les symptômes s'aggravent ou s'améliorent. Certaines consultations spécialisées dans les lipodystrophies, telles qu'à l'hôpital St Thomas, offrent la possibilité d'effectuer des scanners à tous les patients.

Changer de traitement

Plusieurs études montrent que la substitution de d4T ou d'AZT pourra éliminer l'amaigrissement des membres. Veuillez trouver de plus amples informations dans le chapitre sur les pertes de graisse.

Pour les prises de graisse par contre, les études sont moins concluantes. Voir aussi le chapitre sur les prises de graisse. Cependant, le fait que ces études ne se sont pas avérées positives, ne signifie pas que d'autres traitements ne seraient pas plus intéressants -et votre décision dans le sens d'un changement de traitement devra dépendre de plusieurs facteurs:

Beaucoup de médecins sont réticents à changer une thérapie qui donne de bons résultats pour la charge virale et les CD4, particulièrement si vous étiez déjà gravement malade. Cependant, ce point de vue n'est peut-être pas justifié si les lipodystrophies diminuent de façon significative votre qualité de vie.

Si vous changez de thérapie, vous devez prendre en compte son efficacité contre le VIH. Il faut aussi prendre en compte les résistances aux médicaments déjà utilisés qui vont limiter les choix.

Par exemple, si vous êtes résistant à l'AZT, il serait préférable de choisir tenofovir au lieu d'abacavir. Si vous avez des résistances aux antiprotéases, la substitution de kaletra par atazanavir/r peut poser problème.

Une nouvelle stratégie à l'étude concerne l'utilisation de traitements ne contenant pas de médicament nucléosidique. Une autre stratégie propose l'utilisation d'un inhibiteur de fusion comme T-20 qui n'a pas montré d'augmentation du risque de lipodystrophie.

Pour tout changement de traitement, surveillez la charge virale chaque mois jusqu'à confirmation de la réussite du nouveau traitement. Si votre charge virale remonte, vous pouvez revenir immédiatement à votre thérapie précédente, il n'y a ainsi que peu de risques à essayer de voir si on peut diminuer les lipodystrophies.

Il sera beaucoup plus facile de savoir si le changement est profitable si vous avez passé un scanner DEXA avant de changer de traitement.

Même si cela ne fait pas disparaître les symptômes, cela peut les empêcher de s'aggraver.

Les examens de contrôle

Ils permettent de vérifier les changements. Les mesures de base prises par un diététicien  avant de démarrer un traitement facilite l'interprétation des changements ultérieurs.

Les mesures: Des mesure précises prises par un diététicien peuvent être utiles en l'absence d'autres moyens. Cela sera plus utile pour les accumulations de graisses que les pertes de graisses -et inutile pour les joues creuses. Si les changements ne sont pas très apparents, ce système ne sera pas assez précis et peut varier selon les diététiciens.

L'ostéodensitométrie (DEXA – dual energy X-ray absorptiometry): ces scanners sont disponibles dans la plupart des hôpitaux importants, du fait qu'ils sont couramment utilisés pour mesurer les changements osseux chez les personnes âgées. L'examen dure environ 20 minutes pour un scanner complet (sans la tête). Ils ne coûtent pas trop cher et les résultats permettent de savoir si les teneurs en graisses, en os et en muscles ont subi des modifications. Certains médecins voudraient voir effectuer ce type de scanner avant de commencer tout traitement antirétroviral et le refaire une fois par an afin de contrôler les changements.

L'IRM (imagerie par résonance magnétique): ces scanners sont moins facilement accessibles et l'équipement nécessaire est plus sophistiqué et plus coûteux. L'IRM fournit une image de synthèse en coupe des tissus, des muscles et des os de toutes les parties du corps. Elle peut montrer la distribution des graisses -si elles sont sous-cutanées (sous la peau) ou viscérales (autour des organes centraux)- et mesurer très précisément tous les changements.

L'impédancemétrie bio-électrique (BIE): c'est un examen qui n'entraîne aucune douleur permettant de calculer le pourcentage de graisses, de muscles et d'eau dans le corps selon la taille, le poids, le sexe et l'age. Elle a principalement été utilisée pour les problèmes de dénutrition liés au VIH mais peut être utile pour contrôler les lipodystrophies.

Le poids chez les personnes rencontrant des lipodystrophies est généralement stable -c'est la répartition qui est en cause et non la perte ou la prise de poids. Cependant, il est important de vous peser au cas où vous auriez perdu du poids sans vous en rendre compte.



Ceci est la version internet du guide publié chez i-Base éviter et mieux gérer les effets secondaires . Ce guide est distribute dans les centres de soins VIH du Royaume-Uni. Commandez un exemplaire gratuit ou tèlèchargez la version PDF (320 Kb). Existe aussi dans d’autres langues.

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